" Musée haut, musée bas"

par paul  -  8 Avril 2007, 08:31  -  #lavanttheatre

"Musée haut, musée bas" est une pièce de Jean-Michel Ribes, que nous avons présenté fin septembre 2006, et tournée depuis dans la région audoise.

" Musée haut, musée bas, est une pièce déambulatoire; les visiteurs/spectateurs se promènent dans les salles d'un musée, du romantisme au surréalisme, de l'art moderne aux antiques,tout y passe.
Les personnages sont haut en couleurs et nous ressemblent, râleurs, étonnés, surpris, naïfs, à côté de la plaque ou blasés... L'art n'est pas pris au sérieux dans cette visite, le rire, la dérision, l'humour y sont présent à chaque pas.
Le thème du musée n'est qu'un prétexte à découvrir la nature humaine, à s'en moquer et s'en amuser.
Ce qui peut paraitre sage et ordonné, peut se terminer dans la démence, le sexe, le totalitarisme.
L'art dérangeant? Peut être... mais si le vrai chef d'oeuvre, ce n'était pas tout simplement l'être humain...?
" Musée haut, musée bas" est une pièce à l'humour décalé, du grand cru Jean-Michel Ribes.                                                                 


 




































"- Je peux vous demander pourquoi vous virer Modigliani? C'est une question de place? Vous ne pensez pas que vous auriez pu dégraisser chez les vieux! Watteau, franchement, il a fait son temps, watteau!"


" Mesdames et messieurs, vous êtes donc l'oeuvre la plus récente de Karl Paulin, c'est pourquoi je vous demanderai de ne pas rester groupés, car l'oeuvre de cet artiste s'attache avant tout à mettre en lumière le comportement individuel et jamais le groupe, la bande, l'équipe, la meute et encore moins la foule, c'est la raison pour laquelle les oeuvres de Karl Paulin ne dépassent jamais neuf personnes...."


" - Madame Dome: Enfin, moi je la sens sa patte... Au début non, mais là oui... Maintenant  c'est évident...
- Monsieur Dome: Tu sens quoi?
- Madame Dome: Pas que je suis la plus belle, bien sûr,mais que je suis, disons...plus regardable.
- Monsieur Dome: Peut-être un peu oui.
- Madame Dome: Ah si, je sens nettement la différence...Quand même Georges, ouvre les yeux!
- Monsieur Dome : T'es mieux, c'est vrai, t'es mieux."
                                                                                                                                                   
                                                                                                                                                   
                                                                                                                                                          
                                                                                                                                                           







































" - La Guide: Mesdames et messieurs, nous allons passer si vous le voulez bien dans la salle deux de l'exposition Paullin.
- Madame Dome: Qu'est-ce qu'il y a dans la deuxième salle?
- La guide: Toujours nous, madame.
- Madame Dome: Nous? mais on s'est déjà vus.
- Monsieur Dome: Pas dans la salle deux.
- Madame Dome: C'est vrai!
- Monsieur Dome: Tu sais Gisèle, c'est très logique l'art d'aujourd'hui









































" Le gardien: Vous ne l'appellerez pas plus tard, car plus tard vous serez un petit monsieur rabougri, sec, le nez et la pau craquelés par l'instabilité des températures extérieures, claudiquant du pied droit, la panse amollie, le même que celui que vous étiez avant d'entamer cette visite..."









































" - J'aime pas.
- Pourquoi?
- Trop marron.
- Trop marron?
- Oui, ça me rappelle l'automne.
- L'automne ce n'est pas marron.
- Ah bon!? La nature ne devient pas marron en automne?
- Je dirais plutôt qu'elle roussit, qu'elle jaunit, qu'elle se couvre d'or.
- C'est la fête quoi?
- Oui, on peut éprouver une certaine joie devant toutes ces couleurs flamboyantes.
- Je te rappelle que papa est mort un 18 octobre!
- Mais...
- Vous êtes vraiment des monstres, les amateurs d'arts!!"







" Mademoiselle Tac: Mais alors, vous pensez avec quoi?
Le critique: Avec la hanche, le biceps, des organes neufs, nous en sommes remplis, en ce moment je crois beaucoup au coude."

" Le père: Jules, si on étais garés à Vélasquez , crois moi je m'en souviendrais, Vélasquez c'est le nom de mon assureur, Henri Vélasquez, qui me pompe cinq mille euros par an par ne jamais rien me rembourser, alors si la voiture était à Henri Vélasquez ça serait marqué là!"


























" Lisette: ça, je m'en souviens très bien, aux mosaïques romaines, quand j'ai dis à Rosine:"
 tous ces petits cailloux, mon Dieu, mais quelle patience! quelle patience!... " Maurice était déjà nerveux."


























" Mieille: ça c'est sûr, ils en avaient du talent les impressionnistes! Parce que je ne sais pas si vous avez déjà été à Argenteuil mais c'est une horreur, et encore, aujourd'hui ils ont refait la place et arrangé le pont. Alors on s'imagine ce que ça devait être de leur temps! Eh bien, déjà rien qu'arriver à peindre cette ville pourrie et qu'elle se retrouve maintenant dans un musée, chapeau bas les impressionnistes."





















" Henri: Depuis six heures ce matin tu es contente Carole, tu étais contente que le réveil sonne, tu étais contente de prendre le car, tu étais contente de l'arrêt- pipi sur l'autoroute, ça fait vingt-cinq ans que tu es de bonne humeur Carole, c'est beaucoup!
- Carole: Henri.
- Henri: Et dans les musées, ça augmente! si, l'art te multiplie l'euphorie Carole, même la porcelaine allemande au deuxième étage, ça t'a réjouie.. Les assiettes marron avec les têtes de sangliers, les soupières en forme de bottes et les casques à pointe en salières, tout t'a rendue heureuse, tout!"



" ...l'explication c'est moi, la seule explication c'est ta mère, José, ta maman, c'est moi qui t'ai terrorisé, sans le vouloir tu t'en doutes bien mon coeur, mais terrorisé, dévoré, adoré et depuis ta naissance, José, sans une seconde d'interruption, j'aurais pu manger ton caca, boire ton pipi, et c'est pour ça, José, c'est prouvé aujourd'hui, à cause de moi, tu es devenu une tante, un pédé, mais heureusement on a trouvé l'explication mon chéri, alors ce n'est pas grave, parce que quand on comprend on peut tout remettre à l'endroit."


"- visiteuse 2: mais cette femme que vous venez de... de...
- Le fils: De tuer. Enfin  j'espère...
- visiteuse 2: c'est quelqu'un que vous connaissiez?
- Le fils: Très bien, c'est ma mère.
- Visiteuse 3: L'original? je veux dire la vraie?...."


- Je ne m'en lasse pas.
- Je comprends.
-Je peux la regarder trois heures d'affilée, je ne m'en lasse pas.
- Je comprends.
- Même dix ans, je crois, la regarder dix ans, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, je ne m'en lasserais pas.
- Je comprends.
- Elle me happe.
- Je comprends.
- c'est une drogue, une drogue en ivoire.
- Je comprends très bien.
- Et elle mesure quoi? Dix centimètres?
- A peine.
- C'est insensé non?
- D'un autre côté, elle a des gros seins par rapport à sa taille..."

" je ne comprends pas, c'est trois cent cinquante photos de sexes différents, ou c'est la même pine photographiée trois cent cinquante fois?"


" - Mais qui a recouvert les sexes de Michel-Ange?
- Les papes! Qui veut tu que ce soit, c'était leur passe-temps favori, recouvrir les sexes.
- Il faudrait savoir ce qu'il veulent les papes! Hier il faut les recouvrir aujourd'hui il ne faut plus! Je crois qu'avant tout ce ne sont pas des adultes les papes..."


"- ...c'est amusant, c'est nouveau non?
- Oui, ce sont des bâtons d'explosifs... je vais tout faire péter et moi avec.
- Mais pourquoi?
- Pour faire joli."



fin d'une aventure de 15 mois, avec des joies, des pleurs, des cris, des peurs, des certitudes, des doutes, des amitiés, des inimitiés, de la sueur et des terreurs. Merci à tous,et à JM.Ribes.


Mise en scène , régie lumière : Paul Dussel
Avec:Emmanuelle Bertic.Alice Rouquet.Barbara Monnard. Sonia Gondry. Yolande Ferré. Jacqueline Martin. Jean-Jacques Martin.Gilbert Peyre. Christian Angeli. Michel Bequet. Clémence Beric.
Mise en place, caisse et " soufflerie" : Yvette Peyre.
Costume rose: Jacqueline Martin.





Et oui, le théâtre amateur c'est la voiture remplie de projecteurs et de câbles.